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Cinéma, cinémas

29102008
À l’occasion de la sortie du la collection « Cinéma, cinémas » en Dvd (INA) le 6 novembre, les créateurs de cette célèbre émission s’entretiennent avec Michel Ciment,
rédacteur en chef de la revue« Positif »417xyfgealss500.jpg
 

 Par sa ligne éditoriale, sa liberté de ton, et l’originalité de la réalisation, «Cinéma cinémas», magazine phare des années 80, a marqué l’histoire du petit et grand écran.


 

 

Cinéma, cinémas dans à écouter vide
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

écouter l’émission: 

http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/projectionpriveecinamacinamas25102008.html

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Anne Andreu.  Journaliste et productrice de « Cinéma, cinémas »
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Michel Boujut.  critique et producteur de « Cinéma, cinémas »
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Claude Ventura.  réalisateur et producteur de « Cinéma, cinémas »

 




Films bio : Coluche, Mesrine et l’effet musée Grévin

15102008

Par Olivier de Bruyn  13/10/2008

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À une semaine d’intervalle sortent deux biographies filmées. Pourquoi cet emballement pour un genre longtemps boudé ? Films bio : Coluche, Mesrine et l’effet musée Grévin
À gauche, l’amuseur en salopettes, reconverti, le temps d’une saison, en homme politique provoc’ semant un bordel monstre lors de l’élection présidentielle de 1981.

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À droite, l’ennemi public numéro un, incarnation de la rébellion incontrôlable, pourfendeur des quartiers de haute sécurité et traqué par la police pendant plus de quinze ans, avant de finir exécuté Porte de Clignancourt.

Au centre, deux gros films français sortant sur les écrans à une semaine d’intervalle et objet d’une promotion en béton armé dans les médias. Jolie bataille industrielle franco-française qui agite le mois d’octobre, avant que, le 29 du même mois, déboule dans les salles le très attendu « W », d’Oliver Stone, consacré à Bush Junior. Mais, pour l’heure, restons chez nous.

Biopic, mon amour

Depuis le succès international de « La Môme », les projets de « biopics » hexagonaux s’amoncellent et ce n’est évidemment pas un hasard. Ainsi, Yves Montand, Serge Gainsbourg, Romy Schneider, Sœur Sourire et Coco Chanel (ouf !) connaîtront bientôt un nouveau destin (lucratif ?) sur les écrans. Gros budgets à la clé et « stars » dévoilant leurs spectaculaires métamorphoses en haut de l’affiche : les ingrédients du film bio certifié conforme sont connus depuis des lustres. Concernant le résultat, tout dépend, bien entendu, de la manière de concocter la sauce.

Anne Fontaine vient d’entamer le tournage de « Coco avant Chanel », une biographie libre qui, comme son titre l’indique, cherche à mettre en scène l’égérie avant sa consécration. Dans le rôle-titre, Audrey Tautou, comédienne talentueuse et « bankable », dont la notoriété dépasse les frontières françaises (atout considérable pour le destin international du film). Anne Fontaine explique le phénomène du « nouveau biopic »:

« Depuis le triomphe de “La Môme”, le biopic, jusqu’alors considéré avec dédain en France, a le vent en poupe. Il y a probablement une nostalgie des grands destins et un effet de mode. Personnellement, je déteste l’imitation, les performances, le maquillage et le surmaquillage. Or souvent, les biopics semblent produits pour rafler des récompenses aux césars et aux oscars. Des films de prestige où l’acteur importe au moins autant que son personnage et où la subtilité ne règne pas toujours en maître. Dans mon film, j’espère éviter ces pièges : il y a un point de vue et une histoire singulière. »

Imitation, piège à… ?

Et dans « Coluche » d’Antoine de Caunes ? Et dans « Mesrine » de Jean-François Richet ? Quid de la performance, de l’imitation, du point de vue ? Rendons grâce aux instigateurs du projet consacré à l’inventeur des restos du cœur : plutôt que de retracer par le menu l’existence de leur modèle, ils ont taillé dans sa vie compliquée et n’ont retenu que les huit mois précédant l’élection de 1981. Période où le trublion s’impose sur la scène médiatico-politique, grimpe sur la cime des sondages, noue des alliances parfois discutables et finit écrasé par la censure et sa propre invention agit-prop. (Voir la vidéo)
A gauche, l’amuseur en salopettes, reconverti, le temps d’une saison, en homme politique provoc’ semant un bordel monstre lors de l’élection présidentielle de 1981.

A droite, l’ennemi public numéro un, incarnation de la rébellion incontrôlable, pourfendeur des quartiers de haute sécurité et traqué par la police pendant plus de quinze ans, avant de finir exécuté Porte de Clignancourt.

Au centre, deux gros films français sortant sur les écrans à une semaine d’intervalle et objet d’une promotion en béton armé dans les médias. Jolie bataille industrielle franco-française qui agite le mois d’octobre, avant que, le 29 du même mois, déboule dans les salles le très attendu « W », d’Oliver Stone, consacré à Bush Junior. Mais, pour l’heure, restons chez nous.

Biopic, mon amour

Depuis le succès international de « La Môme », les projets de « biopics » hexagonaux s’amoncellent et ce n’est évidemment pas un hasard. Ainsi, Yves Montand, Serge Gainsbourg, Romy Schneider, Sœur Sourire et Coco Chanel (ouf !) connaîtront bientôt un nouveau destin (lucratif ?) sur les écrans. Gros budgets à la clé et « stars » dévoilant leurs spectaculaires métamorphoses en haut de l’affiche : les ingrédients du film bio certifié conforme sont connus depuis des lustres. Concernant le résultat, tout dépend, bien entendu, de la manière de concocter la sauce.

Anne Fontaine vient d’entamer le tournage de « Coco avant Chanel », une biographie libre qui, comme son titre l’indique, cherche à mettre en scène l’égérie avant sa consécration. Dans le rôle-titre, Audrey Tautou, comédienne talentueuse et « bankable », dont la notoriété dépasse les frontières françaises (atout considérable pour le destin international du film). Anne Fontaine explique le phénomène du « nouveau biopic »:

« Depuis le triomphe de “La Môme”, le biopic, jusqu’alors considéré avec dédain en France, a le vent en poupe. Il y a probablement une nostalgie des grands destins et un effet de mode. Personnellement, je déteste l’imitation, les performances, le maquillage et le surmaquillage. Or souvent, les biopics semblent produits pour rafler des récompenses aux césars et aux oscars. Des films de prestige où l’acteur importe au moins autant que son personnage et où la subtilité ne règne pas toujours en maître. Dans mon film, j’espère éviter ces pièges : il y a un point de vue et une histoire singulière. »

Imitation, piège à… ?

Et dans « Coluche » d’Antoine de Caunes ? Et dans « Mesrine » de Jean-François Richet ? Quid de la performance, de l’imitation, du point de vue ? Rendons grâce aux instigateurs du projet consacré à l’inventeur des restos du cœur : plutôt que de retracer par le menu l’existence de leur modèle, ils ont taillé dans sa vie compliquée et n’ont retenu que les huit mois précédant l’élection de 1981. Période où le trublion s’impose sur la scène médiatico-politique, grimpe sur la cime des sondages, noue des alliances parfois discutables et finit écrasé par la censure et sa propre invention agit-prop.

(Voir la vidéo) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18831901&cfilm=119023.html

« Un bon film met en lumière des contradictions, explique Edouard De Vezines, le producteur :

« Nos choix ne sont peut-être pas les plus évidents commercialement -d’ailleurs TF1 ou M6 ne se sont pas battus pour nous financer- mais nous désirions absolument avoir un point de vue. Nous avons choisi un Coluche ambigu, affligé par des problèmes dans sa vie privée et publique. »

Programme alléchant, mais… résultat incertain. Si le scénario retrace avec minutie l’aventure de la présidentielle et donne à voir les ambivalences de Coluche, il reste malheureusement à la surface de son beau sujet. Les scènes se succèdent, certaines bien artificielles (notamment quand le comique s’ébroue sur scène), et les seconds-rôles incarnant Jacques Attali (Denis Podalydès), le professeur Choron et consorts semblent obsédés par la ressemblance mimétique avec leurs modèles, à un doigt de la caricature.

Comédiens en pleine lumière

Sous les traits de Coluche -enjeu fondamental de l’affaire- un autre comique, aujourd’hui populaire : François-Xavier Demaison. Faut-il s’en étonner ? Pas sûr. Le cinéma français de poids, depuis quelques années, doit quelques-uns de ses plus grands succès à des comédiens « venus d’ailleurs », reconnus pour leurs prestations scéniques ou cathodiques et n’appartenant pas au sérail. Faites rire ailleurs et les financiers vous plébisciteront ! Jean Dujardin, Jamel Debbouze, Franck Dubosc, Gad Elmaleh, Dany Boon sont aujourd’hui parmi les comédiens les plus demandés dans l’Hexagone.

De la même manière, la présence de Vincent Cassel dans le rôle de Mesrine n’étonne pas, malgré les flops ( « Blueberry », « Sa majesté Minor »…) essuyés par l’acteur au sacro-saint box-office. Attaché au projet depuis des années, Cassel a menacé de renoncer, quand un premier script (signé Barbet Schroeder et Guillaume Laurant) n’a pas eu l’heur de lui convenir. Oui mais voilà : dans l’économie du « biopic » (surtout quand il est aussi un blockbuster), l’acteur a souvent le dernier mot.

(Voir la vidéo) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18836889.html

Exit, donc, le projet initial. Et bonjour Jean-François Richet, réalisateur qui, depuis ses premières armes dans le film-fauché (« Etat des lieux », brûlot sur la banlieue), a roulé sa bosse, y compris à Hollywood (« Assaut sur le Central 13 »).

Tout ça pour quoi ?

Enorme production divisée en deux parties (le second volet sort le 19 novembre), déjà vendue dans de nombreux pays suite à la présentation en fanfare d’un quart d’heure d’images lors du dernier festival de Cannes (plus de dix millions d’euros engrangés), « Mesrine » avance tel un mastodonte, prêt à tout écraser sur son passage.

De « Télérama » à « Studio », pour en rester à la presse écrite, impossible à quinze jours de la sortie en salles, d’échapper aux interviews de Cassel, revenant par le menu sur son implication et ses hallucinantes transformations (vingt kilos en sus pour les besoins de la cause).

Oui, mais le film ? Si Richet et ses collaborateurs évitent l’hagiographie et l’« héroïsation », ils semblent avant tout préoccupés de signer un film d’action efficace, à base de casses, évasions, coups foireux, agitation tous azimuts. Si plusieurs séquences font preuve d’efficacité, le contexte politique de l’affaire et l’ambiguïté de Mesrine n’apparaissent qu’en filigrane. Frustrant.

Quant au reste du mirobolant casting, il s’en tire avec plus ou moins de bonheur. Si Mathieu Amalric (François Besse) convainc, Depardieu, Lanvin, Ludivine Sagnier ou Cécile De France ne semblent pas toujours très à l’aise sous leurs postiches et déguisements d’époque.

Ultime phénomène troublant dans le registre « musée Grévin » : la présence de l’excellent Olivier Gourmet dans le rôle du commissaire Broussard et de son collier de barbe. Joli travail du maquilleur qui rappelle celui effectué dans « Coluche, l’histoire d’un mec », où le rôle de l’omnipotent impresario du comique est interprété par un certain… Olivier Gourmet. Le monde du « biopic », terre de surprises ? Euh…

Coluche, l’histoire d’un mec En salles le 15 octobre.

Mesrine, l’instinct de mort En salles le 22 octobre. « Mesrine, l’ennemi public n°1 ». En salles le 19 novembre.

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RESPECTONS LES FILMS!!! lettre ouverte de François Ede

9102008

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« des nouvelles du cinéma  » se fait le relais de cette lettre ouverte.

François Ede, réalisateur, chef opérateur et restaurateur des films de Jacques Tati et Pierre Etaix notamment.

Films génétiquement modifiés.

Les films tournés en Scope et en 1,85 seront désormais recadrés en 14/9 (1:1,55) sur les chaînes du service public.

Jusqu’à présent les chaînes publiques diffusaient les films au format Scope avec des caches noirs en bas et en haut de l’image pour conserver la largeur du cadre (letterbox), ce n’était évidemment pas la panacée, mais au moins le format d’origine des films était respecté.

Le 21 août France 3 diffusait « Paris brûle-t-il ? » de René Clément. Ce film tourné en Cinémascope a été mutilé par recadrage dans un format qui n’a jamais existé au cinéma : le 14/9 ou 1:1,55 ! Le titre du générique début était devenu incomplet (on lisait en forme de rébus : .ARIS BRULE-T… !!!). Dans certains plans, les acteurs situés sur les bords du cadre étaient hors champ et en voix off.

J’ai donc envoyé un mail au service des téléspectateurs de la chaîne, qui une lunaison plus tard m’a retourné cette explication amphigourique : « Le format de diffusion de ce film est un compromis entre le format des écrans TV actuels et le format d’origine du film. En effet, France 3, chaîne généraliste et de service public, peut être amenée à modifier le format de diffusion de certains films afin que l’ensemble des téléspectateurs puisse bénéficier d’une meilleure vision » [1].

On reste évidemment ému d’une telle volonté de nous offrir une «  meilleure vision ». Les vrais amateurs de cinéma objecteront que je mène ici un combat d’arrière-garde, et qu’il faut aller voir les films au cinéma ou dans les cinémathèques.

C’est encore vrai pour quelques années, car les copies films vont progressivement disparaître. Les gros détenteurs de catalogues n’auront aucun scrupule à éditer leurs DVD, blue-ray ou films en téléchargement dans des formats adaptés à une « meilleure vision »pour mieux les vendre aux diffuseurs. Dans le passé de nombreux éditeurs et distributeurs ont mis sur le marché des versions « restaurées » avec un recadrage d’image, ou un son remixé en 5.1.

Puis est venue la « colorisation ». (On peut citer « Autant en emporte le vent » restauré en 1,85 dans les années 70, la version remixée de Vertigo et celle colorisée de «  Asphalt Jungle »). Qui sait encore que les premiers films parlants étaient au format 1,20 et qu’on ne peut plus les voir aujourd’hui qu’en 1,37 (en dehors de quelques restaurations de cinémathèque) ? La plupart des films muets ont subi le même sort.

Mais les méfaits du 14/9 ne s’arrêtent pas là. Quand vous regarderez un film au format classique (Academy) : 1:1,37, le rapport longueur largeur se trouvera modifié. Pour y parvenir, il faut déformer l’image en largeur, c’est une anamorphose électronique. On peut imaginer que bientôt les films de répertoire seront diffusés en 16/9 comme cela se fait déjà pour les documentaires utilisant des images d’archives. L’image sera déformée en largeur et tronquée en hauteur pour occuper toute la surface des écrans 16/9. Brigitte Bardot y gagnera deux tailles de tour de hanches, et le général de Gaulle n’en sortira pas grandi tout en perdant les étoiles de son képi. Il suffira de quelques années pour que des catalogues entiers d’oeuvres soient massacrés par des « restaurations » numériques et des « remasterisations » faites au mépris du respect des oeuvres et de leurs auteurs.

L’irruption discrète du format 14/9, sur lequel les chaînes se sont abstenues de communiquer, produira inévitablement ce type d’effets pervers. Tout cela m’ayant échauffé la bile, j’ai poussé plus loin mes investigations et j’ai appris qu’il existe une recommandation FICAM/CST. [2] Cette recommandation (qui n’est donc pas une obligation pour les diffuseurs), autorise de surcroît une dispense pour les formats 1:1,85 et 2,35. Cette dispense figure en caractères minuscules au bas d’un tableau et est ainsi formulée : « Valeur qui peut être modifiée sur demande de recadrage spécifique du diffuseur ».

Il est clair que cette recommandation pour la diffusion des films de cinéma autorise les diffuseurs à faire à peu près tout et n’importe quoi, et comme ils n’attendaient que ça, ils se sont donc engouffrés dans la brèche. On appréciera le caractère ubuesque d’une recommandation qui instaure une règle où l’image de cinéma est traitée comme un chewing-gum optique.

Vous êtes donc invités à faire circuler ce texte le plus largement possible parmi les organisations professionnelles de réalisateurs, de techniciens et de producteurs. Les sociétés d’auteurs et les ayants droits devraient se trouver au premier rang de ce combat, car cette affaire touche au respect des œuvres et au droit moral des auteurs.

François EDE
Réalisateur et chef opérateur.

En vue d’une pétition, vous pouvez communiquer vos noms, professions & adresses mail à :

f.ede@laposte.net

 

 


[1] Service des téléspectateurs de France 3 : [[france3.telespectateur srt.francetelevisions.fr
[2] Les recommandations FICAM/CST sont téléchargeables sur le site de la CST : http://www.cst.fr/spip.php ?article56. Vous pouvez me communiquer vos noms, professions et adresses mail dans la perspective de déposer une pétition. 







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