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La majorité des films Français sont déficitaires !

7112008

 

 

Une étude, encore confidentielle, du Centre d’économie industrielle de l’Ecole des mines de Paris fait apparaître que l’immense majorité des films français ne sont pas rentables. Les auteurs ont passé au crible les 162 films français produits en 2005. Ils ont pris en compte leur exploitation pendant deux ans : salles, vidéo, chaînes de télévision cryptées et en clair, ventes à l’étranger. Seuls 15 longs métrages ont recouvré leurs dépenses de production et de distribution. Seuls 12 % des films étudiés sont rentables.

Cette étude, réalisée par Olivier Bomsel et Cécile Chamaret et financée par l’Agence nationale de la recherche, confirme celle de 1996, qui montrait que seuls 15 % des films gagnaient de l’argent. Un constat si navrant que les pouvoirs publics n’avaient plus renouvelé l’exercice.

Les recettes des 162 films de 2005 s’élèvent à 475 millions d’euros pour un investissement de 872 millions. Le déficit d’au moins 36 % des dépenses engagées est financé par les acteurs privés (comme les chaînes de télévision) et par les contribuables (redevance, crédit d’impôt, aides régionales, etc.).

Ces chiffres cachent d’extrêmes disparités : les 15 films bénéficiaires totalisent des recettes comprises entre 167 et 250 millions d’euros pour un investissement de 125 millions d’euros. Les films chers sont ceux qui s’avèrent le plus souvent rentables : 19,3 % des films de plus de 7 millions le sont, 11,6 % pour les films moyens (3-7 millions d’euros de budget), 3,9 % pour les petits (1 à 3 millions d’euros) et aucun pour les moins de 1 million d’euros. Mais certains films chers peuvent aussi provoquer des pertes abyssales.

LE RÔLE DE LA TÉLÉVISION

L’étude pointe où va majoritairement l’argent gagné : « Compte tenu des risques forts de l’industrie et du taux de succès supérieur des films chers, plus la filière est subventionnée (…), plus les bénéfices sont capturés par des acteurs privés échappant aux obligations d’investissement. » Ce sont donc les producteurs intégrés aux réseaux d’exploitation des salles, comme UGC, Pathé, Gaumont, ou MK2 qui profitent le plus des succès et de la mutualisation des pertes.

Le sort des petits films (budget inférieur à 3 millions) est préoccupant : ils ne parviennent presque jamais à couvrir, par les recettes en salles, leur investissement de mise sur le marché. Au point que les auteurs se demandent si ce type de film a encore sa place en salles et s’il ne faudrait pas les réorienter vers la télévision.

Ce sont d’ailleurs les télévisions cryptées comme Canal Plus qui constituent la principale source de revenus des films français (51 %), loin devant les salles (38 %), l’exportation (6 %), les chaînes en clair (3 %) ou les DVD (2 %). Pour les films de moins de 7 millions d’euros, la télévision cryptée représente même 60 % des recettes. Pour les films américains, c’est le contraire : 53 % des revenus viennent de l’exportation, 25 % de la vidéo, 11 % des salles et 10 % des télévisions.

L’étude remet en cause le principe – réglementé – de ce qu’on appelle la chronologie des médias : imposer un délai d’exploitation d’un film dans les différents supports (salle, DVD, télévision, etc.) : « Il n’y a pas de raison pour que des films peu valorisés en salles soient pénalisés par une réglementation qui cible les grands succès. »

A l’arrivée, les chiffres exposés et les mécanismes décryptés expliquent clairement le malaise du cinéma d’auteur en France.

Nicole Vulser

Article paru dans l’édition du 05.10.08.

 




Le nombre de films chers explose

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Baromètre de l’état du cinéma, le nombre de films français en production depuis les neuf premiers mois de l’année atteint 134 : c’est à trois près le résultat constaté sur la même période en 2007 (131 films), selon la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam). Cette constance cache un vrai changement : leur devis cumulé atteint 1 023 milliards d’euros contre 818 millions d’euros.

Le nombre de films au budget supérieur à 7 millions d’euros est passé de deux à sept, tandis que les longs métrages à budget moyen (5 à 7 millions d’euros) ont été divisés par deux (à 9 contre 18). Si tous les films à moins de 4 millions d’euros ont baissé de 20 %, ceux compris entre 4 et 5 millions d’euros ont doublé (de 7 à 15).

La bipolarisation de la production cinématographique française, tiraillée entre films riches et pauvres, s’intensifie, donc, au détriment des films « du milieu » (5 à 7 millions d’euros). Ce constat avait été dénoncé dans un rapport du Club des 13, animé par la réalisatrice Pascale Ferran (Le Monde du 28 mars).

Lors des Rencontres cinématographiques de Dijon, qui se sont achevées samedi 11 octobre, un bilan d’étape a été esquissé, sur les propositions du Club des 13 en faveur du cinéma d’auteur. Sous la houlette du Centre national de la cinématographie (CNC), les signataires du rapport auxquels se sont joints les représentants de huit syndicats ont déjà planché sur l’écriture et la production, avant de s’attaquer à la distribution et à l’exportation.

Pour l’heure, ils proposent de redonner au producteur sa vraie valeur d’entrepreneur du film, en lui attribuant intégralement le fonds de soutien à la production. Ils souhaitent améliorer la transparence dans les devis et limiter le nombre de mandats d’exploitation des films.

Les professionnels restent très divisés sur l’opportunité de créer un nouveau compte de soutien strictement destiné aux auteurs et aux scénaristes. Tous se sont accordés en revanche à demander toujours plus à l’Etat : un doublement de l’avance sur recettes, une majoration du soutien accordé aux distributeurs, ou encore la création de nouveaux fonds spécifiques destinés à l’écriture et à l’exportation.

Nicole Vulser Article paru dans l’édition du 14.10.08




« LA VIE MODERNE » entretien avec Raymond Depardon

3112008

affichelaviemoderne200711.jpgÀ  l’occasion de la sortie du dernier film de sa sa série sur le monde paysan, « LA VIE MODERNE« , Raymond Depardon s’entretient avec Michel Ciment, rédacteur en chef de la revue « Positif ».

écouter l’émission:

http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/projectionprivee01112008.html







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