Contre toute attente, le gouvernement rejette la TVA à 5% pour le cinéma !

5122012

Contre toute attente, le gouvernement rejette la TVA à 5% pour le cinéma ! dans à lire le-film-francais-revele-les-coulisses-de-disparitions-juillet-2008-300x75Actualités professionnelles | 04/12/2012

Suite à une réunion interministérielle cet après-midi, le gouvernement a décidé de ne pas présenter d’amendement en faveur d’une TVA à taux réduit de 5% pour la billetterie cinéma. Le cinéma unanime (Blic, bloc, Arp, Upf, SACD) réagit très vivement.

Malgré le soutien du président François Hollande et du ministère de la culture, la décision est tombée il y a quelques minutes : le gouvernement ne va pas présenter de texte en faveur d’un taux de TVA à 5% pour la billetterie cinéma applicable à partir de 2014, comme le spectacle vivant et le livre, lors des débats en loi de finances rectificative 2012.

Le 7e Art peut encore présenter un texte via un sous-amendement parlementaire mais les chances de le faire adopter seront très faibles.

Dans un communiqué commun adressé quelques minutes après l’annonce de cette décision, le cinéma français – BLIC BLOC ARP UPF SACD – s’interroge si « Le cinéma est-il toujours une pratique culturelle pour le Gouvernement français ? »

Ils rappellent que « La sortie au cinéma est aujourd’hui la pratique culturelle la plus populaire, plébiscitée par tous nos concitoyens, y compris les plus modestes d’entre eux ».

« Pour autant, le Gouvernement propose aujourd’hui à la représentation nationale de voter une hausse de 3 points de TVA sur les billets achetés par les spectateurs et sur les droits d’auteur, ce qui reviendrait à quasiment doubler en deux ans la TVA sur le prix payé pour entrer en salles.

Le Gouvernement acte ainsi la sortie du cinéma, activité culturelle la plus accessible dans tous les sens du terme, du taux réduit (5%) qui reste pourtant applicable aux autres spectacles : théâtre, ballets, opéra, etc., ainsi qu’au secteur de l’édition littéraire.

En excluant le cinéma du champ culturel, le Gouvernement rompt avec la politique qui, à quelques rares exceptions, a prévalu en France depuis près d’un demi-siècle et qui a permis que la culture, sous toutes ses formes reste à la portée de tous, grâce notamment à une TVA réduite.

En surtaxant la création et le billet de cinéma, le Gouvernement lui confisque son statut culturel et ignore son rôle déterminant en matière d’animation et de lien social dans nos territoires.

En outre, en vidant l’exception culturelle d’une partie de sa substance en France tout en tentant, à raison d’ailleurs, de faire reconnaitre cette exception à Bruxelles, les initiatives du Gouvernement ne manqueront pas d’interroger les partenaires européens sur le sens de nos combats.

Cette initiative viendrait par ailleurs contredire directement les promesses claires sur lesquelles François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle, s’était engagé au cours de nombreux débats, interviews et émissions télévisées.

Aujourd’hui, les professionnels, des créateurs jusqu’aux salles petites et grandes qui maillent l’ensemble de notre territoire, appellent donc le Gouvernement et la représentation nationale à revenir sur cette décision, à réaffirmer le caractère culturel du cinéma et de la création, à préserver l’exemplarité française en la matière et à reconnaitre le rôle social du cinéma dans notre pays. »

Sarah DROUHAUD pour le film français




La baisse des tournages de fictions télé se confirme !

29102012

23 / 10 / 2012


La baisse des tournages de fictions télé se confirme ! dans à lire photo   La fédération des industries cinéma, audiovisuel et multimédia, qui tirait déjà la sonnette d’alarme à la fin du premier semestre, constate que le nombre de semaine de tournage de fictions audiovisuelles a atteint son plus bas niveau depuis 2007.

Sur les neuf premiers mois de l’année, la Fédération comptabilise 948 semaines de tournage de films de fictions unitaires et séries télé, soit une baisse de 13% par rapport à la même période en 2011. C’est l’activité la plus basse de ces cinq dernières années.

Deux phénomènes selon la Ficam expliquent ces chiffres : d’une part le nombre de volume horaires de prime time. En effet, en 2012, 162 heures de fictions de 52’ et 144 heures de 90’ ont été tournées – soit là encore un plus bas niveau sur ces cinq dernières années. Or ce sont ces fictions qui suscitent le plus de nombre de semaine de tournage. A preuve : les 162 heures de fiction de 52’ ont été tournées en 383 semaines ces neuf derniers mois tandis que les 162,5 heures de 26’ ont été tournées en 122 semaines. Ainsi la progression du volume horaire tourné au global, 553,5 heures contre 547 heures en 2011 (soit +1%), n’a pas entrainé une progression du nombre de semaine de tournage. Au contraire, au global il passe de 1091 semaines en 2011 contre 948 semaines en 2012 (soit -13%).

Par ailleurs, le nombre de tournages délocalisés à l’étranger se multiplie constate la fédération : elle compte ainsi 131 semaines de tournage à l’étranger sur les neuf premiers mois de 2012, soit une progression de 16% par rapport à 2011, progression qui bondit à +36% par rapport à 2008 !

France Télévisions reste le diffuseur à avoir généré le plus de volume horaire en 2012 avec 282 heures, en légère progression à +2% par rapport à 2011. 135 heures de 26’ ont été produites pour la chaîne contre 91 heures de 90’. TF1 a généré 115 heures soit une baisse de 9% par rapport à 2012. La chaîne a généré 56 heures de 52’, 42 heures de 90’ et 18 heures de formats de moins de 26’. Le nombre d’heures de fictions produites pour M6 est stable à 70heures – dont 65 heures de formats de moins de 26’ et 4 heures de 90’. Avec 50 heures, Canal + enregistre la plus importante hausse de son volume horaire produit à +19% par rapport à 2011 : 37 heures de 52’ ont été produites, 7 heures de 26’, 3,5 heures de 90’ et 3 heures de formats de moins de 26’. Enfin avec 15 heures, Arte enregistre la plus importante baisse du volume horaire produit (-40%), la chaîne franco-allemande a cependant généré uniquement des 52’ (12h) et des 90’ (3,5h).

Tous ces tournages ont utilisé les formats numériques – 28% ont été tournées en HD, 72% ont été tournées en 2K ou en 4K. Les tournages avec des caméras grand capteur représente 72% des semaines de tournage sur les neuf premiers mois de cette année – contre 46% en 2011. « Cette percée se fait au détriment de la HD 2/3’ » constate encore la Ficam.

Anne-Laure BELL

le film français news letter du 28/10/2012




L’Union des Producteurs de Films soutient Aurélie Filippetti à Bruxelles !

29102012

24 / 10 / 2012

L’Union des Producteurs de Films soutient Aurélie Filippetti à Bruxelles ! dans à lire upf-union-des-producteurs-de-films

COMMUNIQUE DE PRESSE

Bruxelles tarde à donner son autorisation à la taxe sur les distributeurs de télévision votée en France pour alimenter le fonds de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle. L’UPF rappelle que cette taxe fait partie intégrante du système global français de soutien à la création cinématographique : tous les utilisateurs d’œuvres achevées financent les œuvres nouvelles, l’aval (les exploitants et les diffuseurs) finance l’amont. Il est essentiel, pour préserver la cohérence de l’ensemble de la régulation audiovisuelle et cinématographique, que toutes ces taxes soient liées au chiffre d’affaire des exploitants et diffuseurs sans exception, sans possibilité de contournement par quiconque. On ne le redira jamais assez, c’est un système vertueux qui ne coûte pas un euro au Trésor Public et qui a fait du cinéma français le premier d’Europe et le deuxième mondial. Il contribue au rayonnement économique et culturel de la France. Puisse-t-il faire école.

Fait à Paris le 12 Octobre 2012

UPF 9 rue d’Artois 75008 Paris Tél : 01 44 90 07 10 Mail : contact@upfilms.fr




Ken Loach inquiet pour l’avenir du cinéma français

29102012

23 / 10 / 2012

Ken Loach inquiet pour l’avenir du cinéma français dans à lire ken-loach_399-300x251    Décoré du prix Lumière dimanche 21 octobre à Lyon, le cinéaste britannique s’est inquiété pour l’avenir du financement du 7e art français, à propos du dossier sur les taxes du CNC bloqué à Bruxelles, appelant la profession à « résister ».

Ken Loach, Palme d’or à Cannes en 2006 pour Le vent se lève, de nouveau récompensé cette année du prix du jury sur La Croisette pour La part des anges, était à Lyon samedi 20 et dimanche 21 pour y recevoir le prix Lumière 2012, récompensant l’ensemble de son œuvre. Éric Cantona, son interprète et sujet d’inspiration pour Looking for Eric, le lui a remis.

Faisant part de son inquiétude quant à l’avenir du cinéma hexagonal, lors d’une conférence de presse, le cinéaste a fustigé « ceux qui, à Bruxelles, veulent en finir avec le système » permettant au 7e art français, grâce à une fiscalité originale, d’être florissant.

« On m’a demandé de signer plusieurs lettres pour défendre » un système qui, « s’il devait s’arrêter, mènerait à la destruction » du cinéma français. « Ce serait un désastre, une pure folie ! ». Selon lui, « il faut s’organiser de toutes les manières possibles, avec les syndicats du cinéma, les partis politiques, les organisations communautaires » pour « résister ».

« Pour nous, en Angleterre, le système français de subvention du cinéma est très important. Mais pour les politiciens en Europe, en tout cas pour certains, c’est une façon d’interférer dans le marché. Et bien sûr, ils détestent cela. »

Interrogée par l’AFP sur ce sujet, Isabelle Huppert, présente à Lyon pour accompagner Les portes du paradis de Michael Cimino en clôture, a également fait part d’une certaine inquiétude : « On redoute tous les coupes budgétaires, l’amenuisement des subventions. » Toutefois, « j’ai le sentiment que le cinéma français ne s’en sort pas si mal que ça. Ken Loach est quelqu’un qui est souvent contre et c’est bien d’avoir des gens qui sont contre, c’est essentiel. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’il dit, mais c’est quelqu’un qui affirme ses opinions. »

Ken Loach et Isabelle Huppert en vidéo via l’AFP sur YouTube :

http://www.youtube.com/watch?v=6quccHegNt4&feature=player_embedded

 




La Belgique : Hollywood-sur-Mer (du Nord)

29102012

      La Belgique : Hollywood-sur-Mer (du Nord) dans à lire breveon358-300x189     Décors naturels préservés, avantages fiscaux, techniciens compétents… La Belgique est devenue en quelques années un lieu de tournage privilégié pour le cinéma européen. 

presseurope-logo dans actu  Peter Vantyghem pour Press Europ

Vêtue d’une longue robe beige et d’un tricot assorti, elle allume une cigarette. La duchesse d’York fait une petite pause. Elle a commencé à tourner tôt ce matin et les journées sont longues, à l’hôtel de ville de Bruges. “Je suis la mère de trois beaux garçons”, raconte-t-elle. “Ce que je dois faire ? Oh, je passe mon temps à concevoir de dangereux complots.” Elle sourit puis repart sur le plateau.

“C’est un grand jour”, dit Deborah Goodman, l’attachée de presse, pour expliquer la quantité de nourriture (à l’odeur peu ragoûtante) qui recouvre la table. “Nous fêtons Noël. Le duc de Warwick vient de rentrer, après avoir tué le père d’Elizabeth. L’atmosphère est tendue, c’est le moins qu’on puisse dire.”

On est en plein tournage de The white queen, une série télévisée en dix épisodes pour la BBC, destinée à une diffusion mondiale. Doté d’un budget de 22 millions d’euros pour dix épisodes, c’est du sérieux. Mais ce n’est pas pour cette raison que le plateau est ouvert aujourd’hui à la presse : la série, qui nécessite 125 journées de tournage, est entièrement tournée en Flandre.

Un appât financier

La salle gothique de l’hôtel de ville représente aujourd’hui la Cour royale du Palais de Westminster. La rue du Saint-Esprit est une rue londonienne au Moyen Age. L’église Notre-Dame est la chapelle de Westminster. La chapelle du Saint-Sang est la Tour de Londres. Des scènes sont aussi tournées à Ypres, à Rumbeke, à Damme, et même à l’aéroport d’Ursel – pas moins de 23 sites pour les trois premiers épisodes. Tout le reste est construit au fil des semaines dans l’usine voisine de Philips. La Flandre est-elle en train de devenir le Hollywood de la mer du Nord ?

Hier, le cinéma était à l’honneur en Flandre. A Ostende, on tournait la coproduction belgo-britannique Third wave. A Beringen, Stijn Coninx travaillait sur le film italo-flamand Marina. A Anvers, Beringen, Gand et Lanaken, des séries étaient au programme. Une activité qui n’a rien d’exceptionnel. La Flandre et la Wallonie sont en effet devenues des régions attrayantes pour l’industrie cinématographique car elles ont trois grands atouts : elles regorgent de sites qui intéressent les cinéastes, elles ont des techniciens bien formés, mais surtout elles profitent d’un appât financier, le Tax Shelter.

The white queen est le couronnement d’un travail mené au fil de ces dernières années. “Ils ont longtemps hésité entre l’Irlande et la Flandre”, souligne Eurydice Gysel, de la société de production Czar TV, qui produit la série pour la BBC. “Ce sont les avantages fiscaux qui ont fini par les convaincre. Sans compter qu’il y a encore beaucoup de lieux authentiques ici, et une grande liberté de tournage. On fait une télévision de qualité : les équipes peuvent travailler avec des décors authentiques et beaucoup de prises de vue ont lieu en extérieur, ce qui coûte plus cher. A Londres, les équipes britanniques ne trouvent plus les extérieurs qu’elles recherchent. En revanche, Bruges a beaucoup de sites qui rappellent le 15ème siècle.”

Pour bénéficier du Tax Shelter, un régime d’exonération fiscale de 150 % sur les sommes investies dans la production audiovisuelle, une société étrangère doit avoir un partenaire belge. “Le Pays de Galles est en train de mettre en place un système comparable”, me dit-on. “La Grande-Bretagne veut rapatrier le plus possible le tournage des séries pour la BBC.” Mais la Flandre veille. Elle s’apprête à lancer ‘Screen Flanders’, une réponse fiscale au fonds d’investissement Wallimage [pour promouvoir l’audiovisuel en Wallonie] qui prévoit d’accorder aux producteurs des avances remboursables. La Flandre espère ainsi interrompre le drainage vers la Wallonie, notamment pour la postproduction.

Prestige et perspectives commerciales

“Parade’s end et The white queen sont deux productions qui ont eu un impact très positif pour nous”, dit Katrien Maes, une employée de Location Flanders [la commission flamande du film]. “Nous avons un grand savoir-faire ici et les producteurs apprécient la flexibilité et les capacités multitâches de nos équipes. Nous avons aussi de très nombreux sites sur une très petite surface. Ce sont de gros atouts et les gens se passent le mot, parce que c’est un petit monde.”

Les milieux financiers se montrent eux aussi optimistes. “Nous sommes les seuls à proposer un ‘fonds en aveugle’. Avec ce système, nos clients investissent sans savoir dans quelle production. Cela nous permet d’avoir des fonds immédiatement disponibles. Depuis plus d’un an, le système est connu à l’étranger et nous sentons que la demande augmente”, explique David Claikens, du Fortis Filmfonds chez BNP Paribas.

Le prestige et les perspectives commerciales associés à The white queen lui ont permis de bénéficier du plus haut montant jamais accordé au titre du Tax Shelter. Combien ? “Je n’ai pas le droit de le dire, mais c’est presque le maximum de ce que l’on peut obtenir.” Autrement dit, plus de 10 millions d’euros.




Que le fait le CNC de tout son argent ?

29102012

06 / 10 / 2012

 Que le fait le CNC de tout son argent ? dans à lire images  Un article paru dans BFM BUSINESS :

Dans un rapport paru mercredi, la Cour des comptes déplore la distribution de subvention à des films et des fictions TV vus par très peu de spectateurs

Mais que fait le Centre national du cinéma (CNC) de tout son argent ? Pendant des mois, les limiers de la Cour des comptes ont cherché la réponse. Leurs conclusions, assez critiques, ont été publiées mercredi 3 octobre.

Comme toujours dans les rapports de la Cour, on trouve quelques perles. Ainsi, on apprend que l’établissement public dépense 618 000 euros l’an en frais de réception, dont près de 100 000 pour sa cérémonie des voeux qui réunit le gratin du secteur… On constate aussi que l’effectif est stable, mais que les salaires augmentent beaucoup, ce qui a fait bondir la masse salariale de 35% depuis 2001, « une croissance deux fois plus rapide que celle des aides distribuées ». On relève en outre que 77 millions d’euros d’aides sont distribués chaque année à divers festivals ou associations (cf ci-contre).

Surtout, le CNC a dépensé 120 millions d’euros pour subventionner l’achat de projecteurs numériques pour les plus petites salles, notamment à la campagne. Le rapport note que le nombre d’écrans à subventionner a récemment été revu à la hausse, passant de 1000 à 1800. surtout, il s’interroge sur la « justification économique » de ces aides : « Certaines salles auraient vraisemblablement été en mesure de financer seules cette mutation. Cet investissement apparaît comme un exemple symptomatique de l’absence d’arbitrage budgétaire en amont ».

Mais l’essentiel de l’activité du CNC consiste à distribuer des subventions à des films et des oeuvres télévisés. Depuis 2007, chacune de ces aides a augmenté plus ou moins fortement, le total croissant de 23% (cf. ci-contre).

Une partie de cet argent est allé dans des nouvelles subventions : huit ont été créées depuis 2007, sans pour autant supprimer les anciennes. « La logique économique qui préside à la création de nouvelles aides n’apparaît pas clairement », euphémise le rapport. Résultat, « les dispositifs s’empilent et se multiplient » : on dénombre aujourd’hui pas moins de 66 subventions différentes distribuées par le centre… Des oeuvres peu vues

Côté films, le rapport pointe la politique « productiviste » du CNC. Le nombre de films produits en France est ainsi passé de 204 à 272 en dix ans, ce qui fait de l’Hexagone le leader européen. Certes, selon le CNC, cela permet au cinéma français de conserver une forte part de marché. Mais, selon le rapport, cette part de marché est due à quelques gros succès. Car la plupart des films français font des bides, et même de plus en plus : 60% des films produits en 2010 ont réalisé moins de 50 000 entrées, contre 51% dix ans plus tôt. Explication : ces films sont à l’affiche à peine « quelques semaines » dans très peu de salles (la moitié des films français sortent avec moins de 50 copies). Au final, « la multiplication du nombre de films produits et exposés en salles (595 en 2011) ne peut, dans ces conditions, qu’entraîner un taux d’échec structurellement important ».

Pour la Cour, il est temps de tirer la sonette d’alarme : « soutenir la production cinématographique sur des fonds publics n’a de sens que si le film produit a des chances d’être convenablement exposé ». Le rapport « s’interroge » donc sur ce soutien à « des films qui ne pourront rencontrer, pour des raisons tenant aux limites matérielles du réseau de salles, qu’un public restreint, voire marginal ».

Côté fiction télévisée, la situation est encore pire. Les aides distribuées sont « uniques en Europe dans leur principe et leur volume ». Mais l’audience de la fiction française dans son pays d’origine est « parmi la plus faible du continent ». De plus, « les programmes audiovisuels français s’exportent de moins en moins bien ».

Conclusion : « la politique menée a des résultats mitigés, et la justification de cette augmentation continue des aides reste à établir…  » Conflits d’intérêts

Une partie des aides distribuées par le CNC sont des aides sur dossier, attribuées par des commissions (46 au total), composées de professionnels de la profession (656 au total), tous choisis par le CNC.

Dans son rapport, la Cour dénonce un conflit d’intérêt lorsqu’une commission examine un projet présenté par un professionnel appartenant à une commission. Rien d’anormal, selon le CNC, qui explique rechercher pour ses commissions « les compétences de professionnels actifs ». Dès lors, il n’est « pas surprenant qu’il arrive que leurs projets soient eux-mêmes soutenus… » Selon la Cour, lorsqu’il y a une relation, même indirecte, entre un candidat à une aide et un membre de commission, alors ce dernier devrait se faire remplacer de manière « systématique »… ce qui sous-entend que ce n’est pas le cas jusqu’à présent.

Par ailleurs, la Cour déplore aussi le renouvellement « limité » des membres de certaines commissions, qui enchaînent plusieurs mandats à la suite. Le CNC répond que cette « relative pérennité est importante pour permettre aux membres de trouver pleinement leur place et leur autorité dans la commission »… Quand le riche CNC emprunte à la banque…

Par ailleurs, il peut s’écouler jusqu’à 10 ans entre le jour où une aide est attribuée, et le jour où l’aide est décaissée. Le CNC a donc décidé de mettre de côté toutes les subventions qu’il devra distribuer à l’avenir, constituant ainsi une gigantesque réserve (374 millions d’euros à fin 2011). La Cour, qui avait elle même recommandé de passer de telles provisions, n’en conteste pas le principe. Mais le CNC provisionne 100% des futures aides, alors que certaines ne seront jamais demandées, par exemple en cas d’abandon du projet ou de faillite. « Le CNC n’a aucun modèle pour l’écoulement à venir des provisions. Un assureur qui suivrait la même stratégie ferait assez vite faillite… », pointe la Cour, qui demande à ce que les comptes soit désormais audités par des commissaires aux comptes.

Last but not least, la Cour des comptes étrille la stratégie immobilière du CNC. Aujourd’hui confortablement installé dans le 16ème arrondissement de Paris, il doit déménager, mais refuse de s’installer hors de Paris, et s’est opposé sur ce point à France Domaine qui voulait chercher un site dans la Petite Couronne. Il a notamment refusé de s’installer à la Cité du cinéma de Saint Denis (comme lui proposait France Domaine), ou dans l’ancien musée des arts et des traditions populaires dans le bois de Boulogne (comme suggéré par le ministère de la culture). Récemment, le CNC a envisagé d’acquérir un immeuble quai de Grennelle, mais « France Domaine n’a pas donné son accord », indique le centre.

Plus ubuesque encore, le CNC a acheté en 2010 un immeuble dans le 16ème arrondissement de Paris pour 22 millions d’euros… en empruntant la somme, alors qu’il disposait d’une « trésorerie abondante ». Résultat : cela va donc lui coûter près de 9 millions d’euros supplémentaires en intérêts. « Un montage financier discutable et peu judicieux », selon la Cour…




Les sirènes de la Fémis

12072010

L’école censée former les cinéastes de demain ne tient plus ses promesses. Après une fronde étudiante, un rapport cinglant, rédigé sous l’égide du cinéaste Claude Miller (alors président de la Fémis, avant l’arrivée de Raoul Peck) a fustigé ses choix pédagogiques.

Avec quels résultats ?

Mathilde Blottière Télérama 19 mai 2010.

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Photo : Léa Crespi pour Télérama

Les apprentis réalisateurs sont en colère : « Est-ce normal de sortir de la FEMIS sans savoir faire un champ-contrechamp ».

Au pied de la butte Montmartre, dans les anciens studios Pathé, investis en 1999 par la prestigieuse Fémis, École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, tout semble étrangement calme. Le vaste paquebot de verre et de béton sort à peine d’une année particulièrement houleuse : mutinerie dans les rangs et vacance du poste clé de directeur des études, chargé de tracer la ligne pédagogique de l’école…

Tout commence au printemps 2009,

quand la vénérable institution affronte la première grève étudiante de son histoire. Groupés sous des banderoles rageuses (« Fémis : fournisseur exclusif de moutons pour l’industrie du cinéma »), les élèves appellent à des « états généreux » pour une refonte totale de l’école. Signes de la complexité de la crise : des mots d’ordre parfois contradictoires fustigent une infantilisation des étudiants tout en réclamant plus d’encadrement… Une pétition est lancée : « Nous entrons dans cette école avec des envies de cinéma, nous en sortons avec une impression de gâchis. » Paraphrasant le cinéaste Jean-Marie Straub, « les petits cons de la Fémis » veulent reprendre en main leur école. Fin 2009 tombe la petite bombe du rapport Miller. Rédigé, entre autres, par Pascale Ferran (Lady Chatterley) et Radu Mihaileanu (Le Concert), sous l’égide du président de la Fémis d’alors, le cinéaste Claude Miller, ce texte explosif passe au hachoir les options pédagogiques de la direction de l’école, décrite comme un nid à corporatismes, une structure inerte, incapable d’ouverture…

En janvier dernier, le cinéaste haïtien Raoul Peck succède à Claude Miller à la présidence, et calque son discours sur celui du directeur, Marc Nicolas. Lequel, controversé, est pourtant reconduit pour un intérim de six mois par le ministère de la Culture… La révolution n’a pas eu lieu, mais le malaise persiste : comment une grande école publique aussi réputée et bien dotée (10 millions d’euros de budget, une soixantaine de permanents et environ cinq cents professionnels intervenants), en est-elle arrivée là ?

Le malaise des élèves en réalisation

Sur les neuf filières de l’école (réalisation, scénario, son, image, montage, décor, scripte, distribution, exploitation), la « réa » demeure la plus prestigieuse et la plus prisée. A entendre ses élus, elle est pourtant celle qui fonctionne le moins bien. Selon Thomas, élève en dernière année, « la Fémis nous considère de facto comme des réalisateurs. On se retrouve à tourner des films autour desquels toute la pédagogie va ensuite s’articuler, sans avoir reçu d’autres cours que de vagues modules théoriques. Comment être à la fois cinéastes et apprentis ? »

“Est-ce normal de sortir de la Fémis
sans savoir faire un champ-contrechamp ?”

Jean-Paul Civeyrac, directeur du département réalisation depuis onze ans (Claire Simon le codirige depuis 2006) et en passe de quitter son poste, ne voit là aucune contradiction : « On apprend à faire des films en les faisant. Il n’y a pas de recettes. » Une ligne pédagogique jugée un peu rude par des élèves qui rejettent cette « vision romantique de l’auteur » et réclament un enseignement technique. « En ce moment, on est censés réaliser une fiction en 35 mm, explique Roy, en 3e année. Mais personne ne nous a jamais rien enseigné sur ce format. Du coup, on subit le savoir-faire des techniciens… » Lorsqu’il évoque ses années de formation, Stylianos, diplômé en 2005, a lui aussi la dent dure : «En quatre ans, on n’a pas eu un seul cours de découpage de scènes, les ateliers de direction d’acteurs sont très insuffisants et les analyses filmiques catastrophiques. Est-ce normal de sortir de la Fémis sans savoir faire un champ-contrechamp ? » Les élèves ne sont pas seuls à faire ce constat. Coauteur du rapport Miller, le producteur Jacques Bidou se dit effaré par la faiblesse du département réalisation. « Tout se passe comme si un metteur en scène pouvait faire l’économie d’un minimum de connaissances en matière de lumière, de mixage ou de scénario. Pourtant, sans ce bagage technique, il aura beau être inspiré, il ne pourra pas exercer son métier. »

Des réalisateurs invisibles dans le cinéma français


Alors que toute une génération de cinéastes renommés (Noémie Lvovsky, François Ozon, Emmanuel Mouret) est passée par les bancs de la Fémis, on cherche en vain, ces dernières années, le nom d’anciens élèves de la section réalisation au générique des films sortis en salles. En revanche, les sections scénario ou image ont récemment offert quelques noms prometteurs, comme Léa Fehner, scénariste diplômée en 2006 et auteure du remarqué Qu’un seul tienne et les autres suivront : « Je suis sortie de l’école avec un scénario de long métrage dans mon sac. C’est une chance inouïe que de pouvoir en écrire un pendant ses études. » Et de citer l’exemple de ses camarades scénaristes Céline Sciamma, réalisatrice de Naissance des pieuvres (2007), et Rebecca Zlotowski dont le premier long métrage, Belle Epine, est sélectionné à Cannes dans la Semaine de la critique. Les étudiants en réalisation, eux, n’ont pas de formation à l’écriture de scénario. « Ils doivent non seulement trouver un producteur qui accepte de leur donner du temps et de l’argent pour écrire, mais aussi apprendre à surmonter leur peur de la page blanche », explique Léa Fehner.

Labyrinthe administratif et dictature du planning


Autres sujets de mécontentement : la pesanteur administrative d’une école où l’on ne peut venir travailler le week-end qu’avec une triple autorisation et des emplois du temps si chargés qu’il est impossible d’y caser la moindre séance de cinéma. Marion, en 3e année de « réa », raconte l’une de ces aberrations : «Un jour, le cinéaste palestinien Elia Suleiman est venu pour parler du mixage de son dernier film. Je voulais assister à son intervention mais comme je ne suis pas une élève du département son, je n’en ai pas eu le droit…»

“Sortir une caméra, tourner la nuit ou
hors de Paris, c’est toute une affaire pour l’école.”

Légende ou anecdote véridique, une autre histoire circule dans les couloirs : lorsque Quentin Tarantino tournait à Paris Inglorious Basterds, il aurait proposé de montrer des rushs aux élèves. Proposition déclinée par la direction pour cause de non-conformité avec le planning… « Sortir une caméra, tourner la nuit ou hors de Paris, c’est toute une affaire à la Fémis, se souvient Stylianos. L’école pâtit finalement des mêmes défauts que le cinéma français : d’un côté, un système protégé, une école bien dotée, avec un discours qui encourage les prises de risque, de l’autre, une rigidité et une frilosité qui inhibent de fait la créativité. » Sont aussi pointés le peu de place fait à la cinéphilie et à l’histoire du cinéma au sein de l’école, son manque d’ouverture vers l’extérieur ou encore son faible effectif d’étudiants étrangers (dissuasifs, les frais de scolarité s’élèvent à 10 000 euros).

La griffe Fémis

Depuis sa naissance, ou presque, la Fémis traîne la sale réputation d’accoucher de caricatures de films d’auteurs, nombrilistes et parisianistes. La plupart des élèves récusent cette étiquette. Même si elle déplore la dimension trop littéraire du concours d’entrée, Léa Fehner se souvient surtout de la diversité des projets rencontrés. « Dans la même promo, l’histoire d’une femme confrontée à une saisie d’huissiers pouvait côtoyer un projet de film d’époque sur une courtisane ou une immersion documentaire dans le monde du bridge… »

Si l’on gratte un peu, on s’aperçoit toutefois que le style Fémis n’est pas qu’un fantasme. Le mode de production standardisé et l’obligation de respecter un cahier des charges très contraignant contribuent au formatage. « Le problème, c’est que ces contraintes sont d’ordre administratif et non pas esthétique, renchérit Stylianos. Pour des questions de conditions de production, il est toujours plus commode de faire un film sur l’inceste dans un appartement parisien qu’un polar en banlieue. »

La réponse de la direction

«A part ça, l’école va mal…», lance le directeur, Marc Nicolas, après avoir énuméré les dernières réussites de ses ouailles (dont le prix Louis-Delluc 2009 pour un premier film, décerné à Léa Fehner, ou encore la sélection de Coucou les nuages, court métrage de Vincent Cardona, à la Cinéfondation cannoise). « Les grands prix 2008 et 2009 du festival de Clermont sont des films de chez nous et la liste des élèves aux génériques de films présentés à Cannes est impressionnante ! » Très attaquée, la direction n’a pas l’intention de payer pour celles qui l’ont précédée. «Le malaise résulte d’un enlisement de problèmes anciens, déclare Marc Nico­las, qui refuse de voir dans la colère des étudiants une remise en cause fondamentale. Il n’y a pas de désaccord sur ce qui doit être enseigné mais comment l’enseigner. »

“Donner le pouvoir à un praticien du
cinéma, c’est prendre le risque de distinguer une chapelle.”

Et d’avancer les mesures déjà prises ou envisagées pour remédier aux problèmes : un allégement des programmes, la mise en place d’ateliers transdisciplinaires, le développement d’un scénario de long métrage dans le cursus des élèves réalisateurs… Face au rapport Miller, qui propose notamment de réorganiser la structure de la Fémis autour du directeur des études, le directeur défend son poste et sa légitimité. «Le rapport prétend que la fonction de directeur des études doit impérativement être assumée par un grand professionnel du cinéma. Mais donner le pouvoir à un praticien du cinéma, c’est prendre le risque de distinguer une chapelle, et ainsi de mettre en péril l’enseignement du cinéma dans sa diversité. Et puis on ne gère pas la Fémis comme on fait un film. »

La sortie de crise…

Pour le producteur Alain Rocca, la tutelle – le ministère de la Culture et le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) – a déjà raté une occasion de rénover la Fémis. « En choisissant Raoul Peck pour président, le ministère aurait dû nommer en même temps un nouveau directeur. » Les élèves frondeurs, eux, sont toujours sous le coup de la reconduction de Marc Nicolas à son poste. Celle-ci a beau être temporaire, ils l’ont reçue comme une gifle et ne comprennent toujours pas pourquoi la tutelle reste sourde à leurs revendications, pourtant approuvées lors d’un conseil d’administration. Mais quel que soit le nom du prochain patron de la rue Francoeur, la refonte de l’école est, à leurs yeux, une urgence : « Parce que le cinéma est en train de muter profondément, la Fémis ne peut se permettre de rester la tour d’ivoire qu’elle est devenue. » A bon entendeur…

Du gotha aux quotas ?

La Fémis : un repaire de fils et filles de ? Si le très sélectif concours d’entrée a toujours privilégié les milieux aisés, l’école le jure, ça va changer. Pour diversifier les profils socioculturels de ses étudiants, elle a lancé en 2008 un programme « Egalité des chances » à destination des élèves issus des zones d’éducation prioritaire. Conçu en partenariat avec la Fondation culture et diversité, il se décline en deux temps : des interventions d’enseignants et d’étudiants de la Fémis dans des lycées de ZEP et, pour les heureux boursiers admis sur dossier, un atelier estival intensif rue Francoeur. Le but ? Offrir à ces lycéens des clés pour maximiser leurs chances d’intégrer la prestigieuse école. Cette sensibilisation aux « réalités contemporaines du cinéma », à ses débouchés et à ses techniques (la réalisation d’un petit film de fiction est notamment au programme) s’inscrit clairement dans une optique professionnelle. En permettant à ces jeunes d’entrer dans le saint des saints, fût-ce le temps d’un atelier, il s’agit aussi de briser leur réflexe d’autocensure en leur montrant que la Fémis n’est pas inaccessible. L’été dernier, ils étaient quinze à suivre cet atelier. Combien d’entre eux seront sur les bancs de cette école à la rentrée 2010? La réponse devrait tomber ce mois-ci, avec les résultats du concours d’entrée.





Le Louxor : le dernier vestige encore complet d’une salle de cinéma conçue pour le muet est en péril

15082009

Au carrefour Barbès se situe Le Louxor (Henri Zipcy architecte, Amédée Tibéri décorateur, 1920-1921), célèbre pour sa décoration en mosaïque dans un goût égyptien Art déco qui n’est pas sans évoquer l’illustre film Cleopatra – premier des grands péplums, tourné à New-York par l’actrice Theda Bara en 1917.

Le Louxor en 1920

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Un travail minutieux de recherche et la technologie moderne nous permettent d’avoir une meilleure idée de la salle du Louxor à son origine. Cette image ne propose pas une reconstitution scrupuleuse des décors, elle est l’illustration de ce qui a existé, de ce qui est encore là et de ce qui risque d’être détruit pour laisser place à une copie. La colorisation, réalisée avec les trois dominantes de couleur originelles, a pour but de montrer l’ambiance et les espaces de l’intérieur du Louxor au début des années 20.

La photo en noir et blanc a été colorisée à dessein, dans des teintes bleues, or et sépia, très présentes, afin de restituer l’atmosphère de la salle d’origine.

Les bleus sont dans le rideau en trompe-l’œil dont les festons ourlent le haut de l’écran, mais également dans le haut soubassement en faux marbre qui habille tout le premier registre de la salle, dans tous les décors. Les ors sont dans le rideau en trompe l’oeil, dans les motifs décoratifs des ébrasements. La couleur sépia est déclinée dans les hiéroglyphes ainsi que dans les décors.

En-dessous de l’écran, il faut noter la présence d’une fosse d’orchestre très originale, semi-enterrée, et d’un petit plateau d’avant-scène.

A noter : actuellement tout est en place.

L’image colorisée montre, de toute évidence, que cela met l’espace en valeur. Le principe de colorisation est néanmoins un principe ancien qui a ses limites.

Longtemps abandonné, l’édifice a été racheté par la Mairie de Paris qui entend l’adapter aux standards contemporains en matière d’isolation phonique et de projection (selon le principe de la « boîte dans la boîte »). Prétendant assurer l’équilibre économique du projet, la Ville envisage de créer deux salles en sous-sol (sans trop se soucier de la stabilité des fondations, dans un quartier miné par d’anciennes carrières de gypse). En imposant de détruire la totalité de la structure, ainsi que les espaces et les décors intérieurs pour n’en conserver que l’enveloppe (protégée au titre des Monuments Historiques), les options retenues conduisent à une redoutable opération de « façadisme », tel qu’on n’en fait plus depuis dix ans. Le programme choisi est directement en cause : un cinéma d’art et d’essai, composé de trois petites salles – là où il n’en existe aujourd’hui qu’une seule, beaucoup plus vaste. Conséquence de ce choix destructeur, ce n’est plus le cinéma des années vingt que nous retrouverons après travaux, mais son succédané à plus petite échelle. Une telle duperie n’est pas acceptable : le faux ne remplacera jamais le vrai. La sauvegarde de l’original serait à la fois moins coûteuse et plus satisfaisante que ce qu’on nous prépare.
Le Louxor mérite plus que le triste sort qu’on lui réserve. D’abord pour son architecture : rare témoignage d’une typologie caractéristique des débuts du cinéma muet, il possède encore ses deux balcons superposés, exploitant un volume tout en longueur (dispositif nécessité à l’époque par les contraintes de la projection). Il a conservé son cadre de scène, son estrade, sa fosse d’orchestre, ainsi que l’emplacement de l’orgue électrique qui y avait été primitivement installé. Enfin, lors des travaux préalables à la démolition, son décor intérieur qu’on croyait disparu – notamment, à la naissance du plafond, une haute frise de personnages de profil, à la manière égyptienne…- a été redécouvert intact : masqué par des habillages postérieurs, il a miraculeusement survécu.

La généralisation des multiplexes a fait disparaître la plupart des cinémas, dont les plus anciens remontent aux années trente. Conçu dix ans plus tôt, à l’époque du muet, Le Louxor n’en est que plus précieux. Sa sauvegarde serait facile : pourquoi ne pas tirer parti de son volume exceptionnel, propice à l’audition des musiques non enregistrées ? « Temple du cinéma », la salle, qui a accueilli Dizzy Gillespie et vu les débuts de Gilbert Bécaud, ne pourrait-elle pas devenir le conservatoire de la variété, dans le Paris qui fut celui d’Edith Piaf et de Georges Simenon ?

Pour en savoir plus: http://sauvonslelouxor.blogspirit.com/

Pour signer la pétition: http://www.ipetitions.com/petition/Louxor/




JACQUES TATI à la Cinémathèque

27032009

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La Cinémathèque se mettra aux couleurs de Jacques Tati à partir du 8 avril avec une grande exposition consacrée à ce cinéaste original et inventif.
En deux temps et trois mouvements, vous voilà projeté dans l’univers joyeux et décalé de Tati !
Autour de cette exposition, de nombreuses programmations de films, visites, conférences ou ateliers sont proposés pour explorer les rapports entre sons, espaces et architectures dans un genre burlesque totalement renouvelé.

http://www.cinematheque.fr/fr/tati/index.html

L’EXPOSITION

4jpg.jpeg   Un parcours fait de surprises visuelles et sonores, un monde qui s’invente et se réinvente sous les yeux du public,à la fois spectateur et acteur de l’univers de Tati.
Commissariat :
Stéphane Goudet et Macha Makeïeff
Scénographie : Macha Makeïeff

LES PROJECTIONS
7jpg.jpeg  À l’occasion de l’exposition, venez voir ou revoir tous les films de Jacques Tati. De Jour de Fête à PlayTime, en passant par Mon Oncle ou Trafic, le burlesque sera à l’honneur. Une programmation d’une trentaine de films dialoguant avec l’univers de Jacques Tati permettra également de voir certains titres de Jerry Lewis, de Buster Keaton, mais aussi Godard, Iosseliani ou Bresson.
Sans oublier, à partir de Juin, Les Vacances de Monsieur Hulot, dans une nouvelle copie, entièrement réstaurée !

VISITES ET BALLADES
10jpg.jpeg  Tous les samedis et dimanches à 16h, une petite déambulation guidée dans le labyrinthique bâtiment de Frank Gehry en guise d’introduction à l’univers de Tati.
A trois reprises (les 12 avril, 24 mai et 14 juin) des visites innatendues, gratuites, loufoques et décalées, animées par Patrice Thibaud de la troupe Deschiens et Compagnie.
Et c’est tout le quartier qui se met à l’heure de Tati avec les balades architecturales, promenades entre les petits pavillons de la rue de Bercy à l’avenue de France et à l’imposante BNF, c’est le choc de l’Ancien et du Nouveau !

PARLONS TATI
12jpg.jpeg  Un cycle de conférences, une lecture exceptionnelle (mise en scène par Bruno Podalydes) de « Confusion », scénario jamais réalisé de Tati, une table ronde sur la présence de Jacques Tati aujourd’hui, une journée de stage autour de l’univers sonore de Tati et un concert, ne manquez aucun de ces événements !

LE JEUNE PUBLIC
14jpg.jpeg  Quand la Cinémathèque se met à l’heure de Tati, les séances Jeune Public ouvrent leur écran à la vie moderne : maisons aux architectures incroyables, machines qui s’emballent, règne du tout-automatique, c’est le progrès, mais cela ne simplifie pas toujours la vie !
Une programmation où la rencontre de l’ancien et du moderne fait parfois des étincelles, peuplée de personnages burlesques qui sèment un peu d’humour et de désordre.
Des activités pratiques, le stage des vacances de paques, les cinécycles, permettent également de découvrir l’univers de Jacques Tati, ainsi que des visites guidées de l’exposition, spécialement conçues pour les enfants. A ne pas manquer : Mon petit Gérard, un spectacle conçu par Louise Wallon avec Coraline Clément, Camille Claveri et João Torres (de la troupe Deschiens et compagnie)

TATI TRIP À PARIS
16jpg.jpeg  Dans tout Paris, retrouvez plusieurs manifestations autour de Jacques Tati et de son univers :
Au Théâtre National de Chaillot avec le nouveau spectacle de Jérôme Deschamps et Macha Makaïeff, « Salle des fêtes », ou bien visitez la Villa Arpel, décors de Mon Oncle, au Centquatre, ou encore découvrez « le bel âge des arts ménagers » au Musée des Arts Décoratifs, dès avril, faites un « Tati trip » à Paris !

QUI EST JACQUES TATI ?

18jpg.jpeg  En 2009, Jacques Tati aura 102 ans, le temps justement pour la Cinémathèque française de lui rendre hommage hors des commémorations obligées qu’il ne prisait guère. Un peu de retard… Quoi de plus normal pour celui qui a toujours pris un malin plaisir à entrer dans ses propres films à contretemps. L’année en tout cas que nous avons choisie pour honorer, au présent, son génie. Retrouvez une biographie du réalisateur de PlayTime.




« De la musique en image »: entretien avec Éric Rohmer

22012009

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