« Proust à l’écran » une série de Florence Colombani

7092009

logo1.jpg Longtemps je me suis couché de bonne heure…” commence le Narrateur de À la Recherche du temps perdu. Et de s’attarder sur le sommeil qui vient, et ces “évocations tournoyantes et confuses” qui peuplent nos nuits… Il suffit de lire ces pages – les toutes premières – du cycle de sept romans que nous a laissé Marcel Proust pour toucher du doigt ce qui fait la difficulté d’une adaptation au cinéma. Comment restituer, à l’écran, la beauté de la langue, la splendeur d’un monde disparu avec ses personnages inoubliables – Swann, Charlus, Albertine… -, mais aussi, surtout, cette profondeur vertigineuse de la moindre sensation que Proust capte comme nul autre ?

Cinq cinéastes s’y sont essayés. Deux – et pas des moindres, Luchino Visconti et Joseph Losey – se sont arrêtés après l’écriture du scénario, empêchés par des problèmes de tous ordres, effrayés aussi, sans doute, par l’ampleur de la tâche. Trois – Volker Schlöndorff, Chantal Akerman et Raoul Ruiz – sont allés jusqu’au bout. Chaque épisode de notre série “Proust à l’écran” est consacré à l’un de ces films, resté simple projet ou devenu une œuvre. Histoire de mieux comprendre Proust, grâce au regard singulier de chacun de ces cinéastes sur cette réserve inépuisable de sensations qu’est À la Recherche du temps perdu. Histoire aussi de questionner ce qui sépare cinéma et littérature.

00801972photoafficheunamourdeswann.jpg   1- « Un amour de Swann »

un film de Volker Scholondorf

écouter l’émission:
http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/2-01untitled.html

 

proustvisconti.jpg  2- le projet Visconti                                            

écouter l’émission:
http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/01piste01.html

 

00791426photoaffichelacaptive.jpg 3- « La captive »

un film de Chantal Akerman

écouter l’émission:
http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/01proustaucinama.html

9782070732456.jpg 4- Le projet Losey / Pinter

écouter l’émission:
http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/01data.html
 

00794756photoafficheletempsretrouve.jpg 5- « Le temps retrouvé »

un film de Raùl Ruiz

écouter l’émission:
http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/01ruiz.html




« De la musique en image »: entretien avec Éric Rohmer

22012009

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États généraux de l’action culturelle

19012009

etagene.gifRien de plus sinistre qu’un scénario programmé. C’est vrai dans les films, mais aussi dans la vie, et notamment dans la vie du cinéma. Cette vie du cinéma aujourd’hui menacée par une accumulation d’agressions différentes, mais tristement cohérentes entre elles. La vie du cinéma ne s’oppose pas ici à la vieille et fausse idée de la « mort du cinéma » – on le sait maintenant, il ne va pas mourir, ou seulement pour ressusciter encore et encore. Mais quelque chose de vital, quelque chose du côté de l’énergie, du partage, de la chaleur, de l’inventivité est bel et bien menacé.
Avouons sans détour que l’étiquette donnée à tout ce qui fait exister ce principe de vie, l’étiquette « action culturelle », n’est pas bien exaltante. Normal, ceux qui l’ont baptisée ainsi, l’isolant des autres activités cinématographiques à la fin des années 1990 lors de la funeste réforme du CNC menée par Marc Tessier, ne lui voulaient pas de bien. Mais bon, ainsi cela s’appelle-t-il.

 

La règle et toutes les exceptions. L’action culturelle cinématographique, donc, ACC pour les amateurs, regroupe l’ensemble des activités qui accompagnent la rencontre entre des films et des spectateurs au-delà de la seule filière de la diffusion marchande « classique » (en salles, à la télé, en DVD, en VoD). Cet immense réseau hétérogène réunit des pratiques très variées, dans des lieux et des contextes très divers, où interviennent des fonctionnaires, des salariés du privé et des bénévoles, où se croisent des cinéastes, des enseignants, des responsables de salles, des programmateurs, des militants associatifs, des quidams de toutes qualités. Ces pratiques ont une histoire longue, dont les racines sont aussi en partie celles des Cahiers, ne serait-ce que du fait de l’engagement d’André Bazin, le fondateur de la revue, dans les associations Peuple et culture et Travail et culture, qui furent à la Libération et dans les années 1950 des agents parmi les plus dynamiques de ce qu’on n’appelait pas alors action culturelle. Mais ce sont surtout les années 1980 qui ont donné naissance à d’innombrables dispositifs locaux ou spécialisés, dont l’ensemble constitue ce maillage exceptionnel qui offre au cinéma, et aux publics définis selon des approches multiples, des possibilités d’existence passionnantes.
Le scénario programmé évoqué au début est celui de la remise en question de ces dispositifs sous l’effet d’une soumission de plus en plus complète, et de plus en plus considérée comme « normale », aux lois du marché. Ce scénario comprend aussi un désengagement systématique de la puissance publique. Il détruit chaque jour des possibilités de rencontres entre des personnes et des oeuvres. Cette remise en question renvoie les films à la seule définition de produits et, symétriquement, les spectateurs à la seule définition de consommateurs.
Elle nous méprise et nous insulte, nous spectateurs de cinéma, et comme elle méprise et insulte les films et ceux qui les font. Elle tend à soumettre les uns et les autres à une règle unique : le marketing est la loi commune qui régit produits et consommateurs. L’action culturelle n’est pas l’alternative à cette loi, elle est toutes les possibilités, les plus locales comme les plus massives, les plus élaborées comme les plus sauvages, les mieux connues comme les encore à inventer, d’échapper à cette règle. C’est bien, en cela, une idée vivante du cinéma.

 

Mobilisation générale. Fragilisés économiquement et politiquement, les intervenants de l’action culturelle ont entrepris début 2008 (Appel du Saint-André des Arts le 11 janvier) de fédérer leurs forces et se sont dotés d’un organe commun, baptisé Blac (Bureau de liaison de l’action culturelle). Plusieurs centaines d’organisations de terrain ont signé l’Appel du 11 janvier, tandis qu’au cours de l’année écoulée se sont multipliées les initiatives contre le démantèlement programmé. Suite logique de cette mobilisation croissante, l’organisation des États généraux des 8 et 9 janvier au Centquatre vise à donner à ce mouvement une meilleure organisation et un nouvel élan.
Les Cahiers du cinéma s’associent naturellement à cette démarche. Le combat de l’action culturelle est le nôtre, pas seulement sur le plan des principes : il n’est pas un rédacteur de la revue qui ne participe activement à des activités relevant de ce domaine, qu’il s’agisse de présenter des films, d’intervenir en milieu scolaire et pour des formations, d’écrire des textes, d’animer des réflexions. Intervenants réguliers de l’ACC, nous en connaissons aussi les éventuelles limites ou contradictions, il ne s’agit pas ici de dire que tout ce qui se fait sous ce label est génial, mais d’affirmer que la démarche dans son ensemble est essentielle.

 

Pâquerettes. Essentielle, l’action culturelle est aussi mal connue. Et c’est pourquoi nous avons fait le choix, à côté de l’annonce de la tenue des États généraux (dont nous rendrons compte dans le numéro de février) de commencer par décrire ces pratiques, en donnant le plus possible la parole à ceux qui les mettent en oeuvre. Toutes les activités relevant de l’ACC n’y figurent pas, et moins encore l’infinie variété des pratiques concrètes. Ces pratiques répondent parfois à des besoins, parfois à des désirs, parfois à des rencontres fortuites qui peuvent enclencher des projets au long cours – ainsi, cas limite mais exemplaire, la singulière aventure dans laquelle, à partir d’une initiative très localisée, minuscule, s’est trouvé embarqué Gilles Porte : atypique, et même hors sujet à l’origine, son idée se transforme en longue aventure du regard, de la représentation, du passage. C’est avec de tout petits enfants, ce pourrait être, différemment, avec des ados en banlieue, des taulards, des profs nantais ou castelroussins, des agriculteurs, des malades, des lycéens, des usagers de bibliothèques publiques, des syndicalistes, des cinéphiles parisiens… Cas limite d’entreprises qui reposent parfois sur des dispositifs lourds, sur des convergences de forces à l’échelle de tout le pays, comme École et cinéma, le réseau des salles de recherche, parfois sur l’activisme des cinéastes eux-mêmes, comme l’Acid, parfois en relais d’autres activités comme au sein de la Ligue de l’enseignement.
On n’en finirait pas, et c’est ce ruissellement qui compte. C’est de lui dont a essayé ici de donner l’idée, de la manière la plus concrète, la plus au ras des pâquerettes possible. Puisque ce sont ces pâquerettes-là qui importent.

 

N.B. La mobilisation pour l’ACC a donné lieu à un très grand nombre de textes qu’il était impossible de tous reproduire ici. L’ensemble des documents est accessible en cliquant le lien ci-dessous:

http://www.cahiersducinema.com/article1801.html

 




La majorité des films Français sont déficitaires !

7112008

 

 

Une étude, encore confidentielle, du Centre d’économie industrielle de l’Ecole des mines de Paris fait apparaître que l’immense majorité des films français ne sont pas rentables. Les auteurs ont passé au crible les 162 films français produits en 2005. Ils ont pris en compte leur exploitation pendant deux ans : salles, vidéo, chaînes de télévision cryptées et en clair, ventes à l’étranger. Seuls 15 longs métrages ont recouvré leurs dépenses de production et de distribution. Seuls 12 % des films étudiés sont rentables.

Cette étude, réalisée par Olivier Bomsel et Cécile Chamaret et financée par l’Agence nationale de la recherche, confirme celle de 1996, qui montrait que seuls 15 % des films gagnaient de l’argent. Un constat si navrant que les pouvoirs publics n’avaient plus renouvelé l’exercice.

Les recettes des 162 films de 2005 s’élèvent à 475 millions d’euros pour un investissement de 872 millions. Le déficit d’au moins 36 % des dépenses engagées est financé par les acteurs privés (comme les chaînes de télévision) et par les contribuables (redevance, crédit d’impôt, aides régionales, etc.).

Ces chiffres cachent d’extrêmes disparités : les 15 films bénéficiaires totalisent des recettes comprises entre 167 et 250 millions d’euros pour un investissement de 125 millions d’euros. Les films chers sont ceux qui s’avèrent le plus souvent rentables : 19,3 % des films de plus de 7 millions le sont, 11,6 % pour les films moyens (3-7 millions d’euros de budget), 3,9 % pour les petits (1 à 3 millions d’euros) et aucun pour les moins de 1 million d’euros. Mais certains films chers peuvent aussi provoquer des pertes abyssales.

LE RÔLE DE LA TÉLÉVISION

L’étude pointe où va majoritairement l’argent gagné : « Compte tenu des risques forts de l’industrie et du taux de succès supérieur des films chers, plus la filière est subventionnée (…), plus les bénéfices sont capturés par des acteurs privés échappant aux obligations d’investissement. » Ce sont donc les producteurs intégrés aux réseaux d’exploitation des salles, comme UGC, Pathé, Gaumont, ou MK2 qui profitent le plus des succès et de la mutualisation des pertes.

Le sort des petits films (budget inférieur à 3 millions) est préoccupant : ils ne parviennent presque jamais à couvrir, par les recettes en salles, leur investissement de mise sur le marché. Au point que les auteurs se demandent si ce type de film a encore sa place en salles et s’il ne faudrait pas les réorienter vers la télévision.

Ce sont d’ailleurs les télévisions cryptées comme Canal Plus qui constituent la principale source de revenus des films français (51 %), loin devant les salles (38 %), l’exportation (6 %), les chaînes en clair (3 %) ou les DVD (2 %). Pour les films de moins de 7 millions d’euros, la télévision cryptée représente même 60 % des recettes. Pour les films américains, c’est le contraire : 53 % des revenus viennent de l’exportation, 25 % de la vidéo, 11 % des salles et 10 % des télévisions.

L’étude remet en cause le principe – réglementé – de ce qu’on appelle la chronologie des médias : imposer un délai d’exploitation d’un film dans les différents supports (salle, DVD, télévision, etc.) : « Il n’y a pas de raison pour que des films peu valorisés en salles soient pénalisés par une réglementation qui cible les grands succès. »

A l’arrivée, les chiffres exposés et les mécanismes décryptés expliquent clairement le malaise du cinéma d’auteur en France.

Nicole Vulser

Article paru dans l’édition du 05.10.08.

 




Le cinéma français a t-il gagné un nouveau souffle?

31072008

Émission « ça vous dérange » France Inter le 24 juillet 2008:
http://www.toofiles.com/fr/oip/audios/mp3/cavousderange24072008.html




Le Club des 13: un rapport précis et complet

1062008

Le Club des 13: un rapport précis et complet dans dossiers pdf leclubdes13rapport1.pdf







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